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| Quel support pour la peinture numérique ? |
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| Mardi, 26 Mai 2009 20:48 | ||||||||||||||||||||||||||||||||||
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C'est une question souvent posée et à laquelle je suis amené à réfléchir régulièrement : quel est le meilleur support pour la peinture numérique ?
La bataille se joue basiquement entre l'écran et la toile mais les possibilités sont en réalité très nombreuses. On peut en effet imprimer sur différents types de papiers et depuis quelques temps sur des matériaux divers et variés, allant du textile au carrelage... Quand j'ai commencé à produire des oeuvres numériques, je ne me suis pas posé la question : j'avais un outil en main, je me suis contenté de jouer avec. Mais rapidement, j'ai voulu voir le résultat "en vrai". J'ai donc imprimé mes peintures et je dois dire que le résultat m'a enthousiasmé. Malgré la qualité médiocre de l'impression, l'oeuvre prenait soudain une existence matérielle, prête à rivaliser avec ses aînées. Ca permet de l'apprécier autant dans sa globalité que dans ses détails, ce que l'écran ne propose pas de façon aussi directe. Plus tard, j'ai cru faire un choix quasi-définitif. En effet, pour exposer, il vaut mieux se rapprocher des codes connus. Arriver avec des peintures numériques est déjà difficile à faire accepter alors si elles ne sont pas palpables, on vous prend pour un imposteur... Bref, histoire de participer à des expositions "classiques" et m'insérer dans le monde de l'art, parmi des peintres "traditionnels", il a bien fallu proposer un vrai support. Je me suis donc adressé à un imprimeur spécialisé qui m'a sorti de magnifiques tableaux sur toile et d'autres sur papier d'art de haute qualité. Le résultat était très séduisant, d'autant que j'avais délibérément choisi des formats assez grands pour mettre en valeur des aspects diffiles à apprécier sur un écran. C'est à cette époque que j'ai commencé à organiser mon travail, avec des formats bien précis, des tirages en 5 exemplaires signés et numérotés. Mais si cette pratique m'a permis d'exposer et d'apprécier moi-même mes oeuvres sous un autre jour, j'ai fini par y trouver des contraintes. Outre le processus d'impression complexe (obtenir la résolution et les couleurs voulues demande des efforts) et le coût assez élevé de ce dernier pour un résultat digne de ce nom, les grands formats sont beaux mais se vendent mal. Avec le recul, je trouve que l'effort est peu récompensé, si on exclut la satisfaction de voir son oeuvre en grand et de pouvoir l'encadrer.
Un jour, une société m'a proposé d'utiliser une partie de mon travail comme motif pour du mobilier et de la vaisselle. Il s'agissait de décliner l'oeuvre, de la détourner, ce que tous les artistes n'acceptent pas forcément. Finalement, ce projet n'a pas abouti mais l'idée m'avait plu. Depuis, j'imagine aussi mes oeuvres sur des tapis ou sur des murs. A l'opposé, j'ai participé à un projet de "chaîne télévisée thématique d'ambiance" à destination d'écrans plasma. Une sélection de mes oeuvres a été faite pour composer une sorte de diaporama animé pour illustrer des lieux tels que restaurants ou halls d'hôtels. Une fois encore, j'ai été séduit par l'idée, d'autant plus que le processus de diffusion est bien adapté au "support" numérique d'origine. La qualité et la dimension des écrans plats d'aujourd'hui permettent d'envisager un rendu capable de rivaliser avec les impressions grand format et il faut reconnaître que le résultat est plus fidèle au travail initial. D'un autre côté, le support physique a un charme qui n'apparaît pas dans ce cas et l'effet "peinture improbable" avec lequel j'ai beaucoup joué s'en trouve estompé. Aujourd'hui, c'est l'écran au sens large qui m'attire, à commencer par l'écran d'ordinateur, celui qui permet à des millions de gens de visualiser ce qu'il y a sur le web (oui, celui que vous regardez probablement en ce moment). Il a beau être limité en taille et en qualité, ce support est le plus répandu, le plus accessible et le plus utilisé pour visualiser des oeuvres d'art, sans doute loin devant les livres et les toiles dans une exposition. La démocratisation des téléviseurs à écrans plats, dont le format moyen à tendance à augmenter, est aussi une opportunité à saisir. Je me pose donc la question de "m'adapter" pleinement à ce support et d'envisager que des oeuvres ne soient pas destinées à être imprimées mais uniquement à être vues et appréciées par ce biais. Reste donc à trouver comment faire passer de cette manière toute l'émotion qui surgit de l'oeuvre imprimée sur un support physique, à moins que ce ne soit qu'une utopie... Bref, au final, je crois que la peinture numérique doit s'accommoder de tous les supports. On pourrait presque affirmer que c'est sa raison d'être. Malheureusement, l'idée d'une oeuvre d'art immatérielle reste encore aujourd'hui un obstacle "culturel" majeur. Je veux dire par là que la reconnaissance de ce genre d'oeuvre est encore loin d'atteindre celle d'un tableau dans un musée, que ce soit par les instances officielles que par le grand public. Mais finalement, ce n'est qu'un problème secondaire : concentrons-nous sur la création et les mentalités évolueront !
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La bataille se joue basiquement entre l'écran et la toile mais les possibilités sont en réalité très nombreuses. On peut en effet imprimer sur différents types de papiers et depuis quelques temps sur des matériaux divers et variés, allant du textile au carrelage... 
